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 Surf's Up/Les Rois de la Glisse

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Kira
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Date d'inscription : 02/12/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Surf's Up/Les Rois de la Glisse   Sam 29 Déc 2007 - 1:03

Titre original : Surf's Up

Titre français : Les Rois de la Glisse



Dates de sorties :
24 Octobre 2007 (FR)


Avec les voix de :
Shia LaBeouf, Jeff Bridges, Jon Heder, Zooey Deschanel, James Woods

Synopsis :
Sur sa banquise, le jeune Cody rêve de devenir le champion du monde des surfeurs. Il espère qu'en intégrant le monde prestigieux de la compétition, il trouvera enfin le respect et l'admiration qu'il n'a jamais eus. Accompagné d'une équipe de reportage qui filme son incroyable aventure, Cody quitte son univers glacial pour rejoindre le paradis ensoleillé de l'île de Pin Goo où va se dérouler la compétition.
Sa rencontre avec un vieux surfeur surnommé "Geek" va changer son destin et donner un vrai sens à sa quête. Le jeune intrépide qui n'était venu que pour remporter une médaille va gagner bien davantage...


Caractéristiques du film : Animation 3D

Réalisé par : Ash Brannon, Chris Buck

Musique de : Mychael Danna

Durée du film : 1 heure 28 minutes


Images du film :








Critique :

SURF'S UP apparaît sur le papier comme le film le moins opportuniste de tous les temps. Après l'essai pas très réussi de OPEN SEASON, la branche animation de Columbia décide de miser sur un concept des plus classiques depuis que le pôle nord et les pingouins sont devenus à la mode. Après les documentaires surestimés (LA MARCHE DE L'EMPEREUR, à l'origine de tout ce buzz), les parodies de documentaires (FARCE OF THE PENGUINS, pathétique) et les films d'animation carrément décevants (HAPPY FEET, sublime mais totalement vain), le studio confie aux deux auteurs géniaux (TOY STORY 2 pour le premier, TARZAN pour le second) un script décalé comme il faut, suffisamment pour attirer le public et pour qu'il n'est pas l'impression d'avoir vu 30 fois les mêmes histoires de pingouins qui font tout un tas de galipettes. Et ce sera la meilleure qualité de ce SURF'S UP balancé comme une bouse sur nos écrans, alors qu'il se révèle être sacrément sympathique, à l'image d'un AGE DE GLACE 2 de haute volée. Un dessin-animé qui ne se prend pas trop au sérieux, qui arrive à renouveler un genre gonflant et à beaucoup nous faire sourire. Après la débandade BIENVENUE CHEZ LES ROBINSON, quoi de mieux pour redonner de l'espoir aux pauvres concurrents de Pixar ?

Vous l'avez sûrement lu quelque part, mais cela vaut la peine d'être répétée: SURF'S UP n'a pas été conçu comme un long métrage d'animation basique, mais a tenté d'apporter réellement quelque chose au spectateur. Le but est clairement de le détendre et de le divertir, et non pas de révolutionner une animation parfaite lors des scènes de surf, et un peu plus basiques lors des scènes de plage (on pense notamment à MADAGASCAR, en moins caricatural). Le film se présente donc comme un documentaire retraçant la première compétition du petit Cody, qui raconte cette histoire passée dans une voix-off sans cesse objective et reposante. On sait que tout finira bien, qu'il sortira avec l'héroïne, qu'il sera aimé de tous, mais on prend plaisir à découvrir une simple histoire de sport grâce à cet apport non négligeable à la réalisation. L'image est donc tremblante, comme-ci une équipe de journalistes un peu casse-cou suivait les traces des héros principaux, guidés par ls indications au montage de Cody et les multiples interviews recueillis sur le terrain, d'où un dynamisme indéniable dans la mise en scène (vieille pellicule lors des flashs-backs, caméra à l'épaule qui s'approche à l'improviste, mouvements saccadés) et surtout dans la répartie des personnages et des blagues. Les propos de chacun renvoient aux séquences des autres, et inversement, et l'intervention de multiples personnages secondaires au fil de ces entretiens sont un véritable plaisir. Les réalisateurs ne s'en servent d'ailleurs pas que pour crée des blagues nouvelles ou pour réinventer le genre, mais juste pour faire interagir le spectateur en même temps que les autres, et pour le plonger en immersion d'une compétition certes prévisible mais agréable. Ils ne prennent donc rien trop au sérieux, et jouent avec les codes du genre: la première chute lamentable de Cody est repassée sous tout les angles car il avait prévenu qu'elle serait extraordinaire (mais pas ridicule), sa blessure au pied donne lieu à une interview d'un oursin mécontent de ses blessures (c'est hilarant), et la présentation totalement génial de Cody au sein de son village donne lieu à de minuscules scènes vives et amusantes. Les deux créateurs savent que l'on connaît les règles du genre et les évitent donc avec un sens du montage parfait, expédiant les premières images très ternes du pôle Nord (avec son lot d'inconvénients comme les pingouins regardant la caméra au fond du plan), en évitant soigneusement de s'attarder sur ces idioties. Pas plus de 10 minutes sur la banquise puisqu'on l'a connaît déjà, et il en sera de même pour les blagues montrées dans la bande-annonce expédiées dès les premières minutes sur la plage de cette île somptueusement reconstituée (un pingouin jouant aux DENTS DE LA MER, Cody tombant amoureux de Lani en un coup d'oeil). Ce qui les importent, c'est ces scènes de surf inédites et cette relation étrange entre un mentor dépassé par les évènements et un élève un peu trop fier de lui pour se rendre compte qu'il est dans la mauvaise direction.

On pourra donc reprocher à SURF'S UP dans son fond, et jamais dans sa forme, de devenir classique et ennuyant. Et ce pour la simple et bonne raison que l'histoire est une éternelle leçon d'humanité où le jeune héros un peu trop sûr de lui apprend la vie. Il a donc des rêves plein la tête, arrive sur l'île, prend une gamelle mémorable devant tout le monde, puis est sauvé par un étrange Geek qui se révélera très vite être Big Z (mais sans élans musicaux pompeux). Car s'il y a bien une chose dans cette intrigue assez clichée qui reste absente, c'est bien les inconditionnels morceaux d'émotions chiantissimes présents dans tout les films d'animation. Ici, on se prend même à sourire lorsque le héros comprend son erreur lorsqu'il a fui la plage désertée de Big Z et qu'il revient construire sa planche, scène hautement symbolique et sacrément bien amenée grâce à un morceau génial. On se fout même des intrigues secondaires qui se limitent à quelques séquences peu sérieuses (Chicken Joe qui devient le chef d'une bande de pingouin cannibales à la manière de Jack Sparrow, une hilarante scène de séduction entre Tank et ses trophées aux noms de femmes) ou de la romance respectueuse entre les deux jeunes pingouins: ce qui nous importe est le bonheur communicatif d'avoir deux grands gamins devant nos yeux, l'un retiré du surf, l'autre prêt à y entrer. Toujours très bien rythmé et jamais pompeux, on reste ébahi par des scènes de surfs particulièrement bien construites au niveau de la mise en scène, plus que sur les enjeux peu crédibles des courses (Tank qui revient à la charge et qui fait perdre Cody): généralement à la première personne avec un bout de planche au fond, ou en gros plan sur le visage de Cody pétrifié par la vague déferlante, elles se révèlent sublimes au niveau des couleurs et des contrastes entre le ciel bleu et la violence des vagues, gros point fort du film. L'eau est la chose la plus difficile à animer généralement, mais elle est ici parfaite.

Peu de place donc pour les seconds rôles, mais c'est finalement tant mieux. Car souvent, à force de vouloir faire décaler et original, les auteurs perdent leur intrigue principale reléguée au second plan au profit de séquences inutiles. Point de ça ici, étant donné qu'ils sont tous traités avec la même importance sans jamais d'apports particuliers: Tank s'entraîne dur comme fer et ne s'excusera pas à la fin pour son comportement détestable, les petits pingouins sont hilarants de naïveté et de machiavélisme (voir la planche au lance pierre géant), Chicken Joe est l'instant décalé du jour (pour coller au côté "Bob Marley" un peu énervant de Jon Heder, génial dans BLADES OF GLORY et NAPOLEON DYNAMITE évidemment), le tout étant enfoncé clairement par Reggie Belafonte, petite boule de poil parfaitement bien doublé par un James Woods sous acide, qui nous livre un débit de paroles impressionnant pour son âge, alors que la jolie fille de l'histoire n'est pas si chiante que ça (merci Zooey Deschanel). Mais c'est surtout l'hilarant Shia LaBeouf (TRANSFORMERS, DISTURBIA, INDIANA JONES 4, la liste est longue), toujours aussi génial même derrière un micro, qui insuffle tout son rythme et ses paroles au métrage, emportant même quelques petits sourires ou quelques notes d'émotion lorsqu'il fait le récit de son enfance sur le thème totalement génial de Mychael Dana (quasiment le seul morceau original du métrage). Lorsqu'il se retrouve dans des conversations dynamiques avec le grand Jeff Bridges en mode Duke, on a le droit aux meilleurs dialogues d'animation de ces derniers mois dans un film d'animation particulièrement mal vendu.

Malgré une intrigue déjà vu, une animation excellente mais finalement à la hauteur des attentes et des morceaux musicaux en pagaille (alors qu'ils ne servent pas forcément), SURF'S UP est une belle surprise qui passera sûrement inaperçu en cette fin d'année. Pourtant, force de constater que si le marketing avait été tourné sur l'originalité du projet et de son concept documentaire assez succulent au niveau de l'animation, il aurait très certainement rencontrer son public majoritairement adulte. Pour une fois que l'on ne nous envoie pas des messages de merde dans des films pour gosses (UN JOUR SUR TERRE pour ne pas le citer), il faudrait en profiter !
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