Main - Animation


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Beowulf/La légende de Beowulf

Aller en bas 
AuteurMessage
Kira
Admin
avatar

Messages : 232
Date d'inscription : 02/12/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Beowulf/La légende de Beowulf   Mar 11 Déc 2007 - 19:06

Titre original : : Beowulf

Titre français : La Légende de Beowulf

Titre québécois :



Dates de sorties :
21 novembre 2007 (FR)


Avec les voix de :
Ray Winstone, Angelina Jolie, Robin Wright Penn, John Malkovich, Anthony Hopkins

Synopsis :
En ces temps lointains, les sauvages contrées du Nord de l'Europe étaient peuplées de héros et de monstres, et des hommes audacieux, taillés pour la lutte et les conquêtes, pouvaient encore se forger des destins d'exception.
Le plus glorieux d'entre ces aventuriers fut le Viking Beowulf, qui surgit un beau jour pour sauver le vieux roi Hrothgar et ses sujets des assauts d'une féroce créature. Son nom devint vite légendaire à travers le royaume et, partout, l'on chanta sa bravoure face au maléfique Grendel. Beowulf ne devint pas seulement célèbre, mais riche. Et avec la richesse vinrent bientôt de dangereuses tentations et une inextinguible soif de pouvoir. Car le héros était aussi humain, trop humain, sans doute, et le guerrier plus avide, plus ambitieux et bien plus faillible qu'on ne l'imaginait...


Caractéristiques du film : Animation 3D

Réalisé par : Robert Zemeckis

Musique de : Alan Silvestri

Durée du film : 1 heure 53 minutes


Images du film :










Critique :

EOWULF, c'est un peu le pauvre petit vilain canard de cette fin d'année. Sous la coupelle d'un réalisateur brillant (RETOUR VERS LE FUTUR, FORREST GUMP, SEUL AU MONDE) qui a enchaîné quelques bouses entre temps (APPARITIONS, CONTACT) et dont le prestige semble avoir été un peu éparpillé a fil de ces dernières années, la grande adaptation qui met une grand claque dans les gencives de l'hilarante bouse avec Christophe Lambert (et dire que je l'ai vu une dizaine de fois depuis le temps...) est devenu le pari technique de la Warner: faire un film entièrement en "capture motion" où tout le monde porte ces petits capteurs chers à Peter Jackson et d'autres, et repousser les limites de l'héroïc-fantasy en racontant la légende d'un héros inexploité dans les salles. Sur le papier, un potentiel génial, d'autant plus que le tout est scénarisé par Roger Avary (PULP FICTION, LES LOIS DE L'ATTRACTION, SILENT HILL, respect) et Neil Gaiman (auteur de STARDUST). Oui mais, lorsque la bande-annonce fait son apparition, on ne se pas si il faut en rire ou en pleurer. Piller sur le trailer dantesque de 300 qui avait fait un carton dans les salles, Warner vend le film comme une fresque barbare et culte, mélangeant les images les plus "explicites" (où les personnages sont de face dans des lieux communs de la mythologie) sur une bande-son risible, le tout avec des images de synthèse hideuses et inachevées. Très vite, l'attente s'est transformé en immense pressentiment, une sensation de pouvoir assister à la remontée en puissance d'une technique jamais aussi exploitée auparavant, ou juste à une bouse commerciale épurée. Le problème, c'est que BEOWULF appartient aux deux catégories. Et a partir de ce moment-là, on se fait royalement chier devant un spectacle inabouti qui rappelle la tentative précédent de Zemeckis, un certain POLE EXPRESS.

BEOWULF a donc clairement le cul entre deux chaises, ne sachant jamais exploiter un élément de sa légende sans pour autant laisser tomber le reste, laissant une impression de fresque massacrée par le réalisateur lui-même qui a voulu trop bien faire pour finalement pas grand chose. Commençons cependant pas un des énormes points positifs du film: le visuel. La bande-annonce ne montrant que des images pas encore finalisées ou quelques ratages nombreux certes mais peu importants (notamment au niveau des courses à pied et à cheval), on est encore plus étonné de voir à quel point certaines séquences atteignent un niveau visuel étourdissant, faisant oublier le rapport entre film traditionnel et motion-capture, et donnant tout à fait raison aux choix pris par Zemeckis pour faire son film comme il se doit. Car en plus de trouver un intérêt à aller voir le film même si on déteste le cinéaste (juste pour voir les améliorations de la technique), le résultat écrase totalement LE POLE EXPRESS et ne peut donner qu'à raison le travail de Zemeckis. Cependant, espérons que la motion-capture ne devienne pas la nouvelle solution des cinéastes en manque de budgets, étant donné que je reste encore plus ébloui par des incrustations de ce genre dans KING KONG ou LE SEIGNEUR DES ANNEAUX (ou même des FX façon TRANSFORMERS – les plus beaux jamais fait depuis STARSHIP TROOPERS), et que c'est un peu facile de justifier l'emploi d'une telle technique juste pour faire ce que l'on veut avec n'importe quel décor et n'importe quel acteur. Cependant, la démarche de Zemeckis demeure agréable puisque l'auteur n'en est pas à sa première expérimentation, et que cela laisse présager que du bon pour A CHRISTMAS CAROL qui pourrait être le meilleur film du réalisateur depuis bien longtemps. Car oui, malgré ses qualités visuelles qui rendent certains personnages plus vrais que natures (surtout le roi Hrothgar et la scène de combat avec Grendel), le procédé reste un moyen pour le réalisateur de s'amuser comme un petit fou dernière son écran. Je reste particulièrement ébahi de voir que certaines trouvent le procédé jamais clinquant ou pompeux tant certaines séquences paraissent se justifier juste pour montrer l'étendu de l'image, ce qui ne sert absolument pas au propos de la scène en question. L'exemple le plus flagrant reste ce travelling arrière qui part d'un discours du roi pour arriver dans le plafond en bois pour suivre un rat qui se fera attraper par un aigle qui traverse la forêt pour finalement nous dévoiler Grendel, martyrisé involontairement par les sons bruyants du village qui lui explosent ses tympans infectés. C'est joli à voir mais ça ne raconte finalement pas grand chose, et c'est tout le problème de se dire que certains pourraient abuser de techniques aussi pompeuses juste pour montrer qu'ils savent se servir d'ordinateurs.

Autre problème majeur du film, et c'est là qu'on en ressort totalement dégoûté, c'est que la forme réussie du métrage empiète sur un fond totalement désastreux, à cause d'un scénario réellement raté qui passe à côté de quelque chose d'énorme. Le film ne s'assume jamais comme il devrait être, et n'a finalement jamais eu ce but puisque l'on pourrait se rassasier de séquences inachevées mais jouissives comme ce fut le cas pour LE 13eme GUERRIER (un des seuls films charcutés aussi génial dans son remontage que potentiellement chef d'oeuvresque dans sa version longue). Or rien ne nous laisse croire en voyant le métrage que Zemeckis, en bon faiseur de films familiaux et inoffensifs, a voulu faire un énorme film barbare et jusqu'en boutiste. Certaines diront que c'est parce que le PG-13 en handicapant pour pouvoir rembourser le budget tout en visant un public adulte, mais pourtant, on reste sur notre faim. D'abord à cause du ridicule avec lequel le tout s'organise, à grand coup d'ellipses et de non-dits gonflants qui frôlent la catastrophe. Beowulf est un héros totalement débile, qui cri son nom toutes les 5 minutes à ses ennemis en mode Leonidas (mais en 10 fois moins classe et jouissif, ce qui reste étrange), auquel on ne s'attache que très peu tant il est fait pour qu'on le déteste. Car oui, Zemeckis a la bonne idée de montrer aussi la part cachée du mythe en nous montrant que finalement, les choix de ce héros ont été douloureux et l'ont mené à sa perte tant il a trahi ses hommes et son peuple, chose rater puisqu'il tente au même moment de justifier ses choix (c'est un homme alors il est faible) et en le montrant comme un gentil combattant qui ne rêve que de gloire. Alors soit on le place comme un héros et on fait un éloge pompeux mais qui ne sera jamais ridicule, soit on prend le parti de montrer la face anti-héroïque de Beowulf et de tenter de le mettre dans des situations rocambolesques pour que le spectateur se pose de réelles questions morales et éthiques. Mais faire les deux ne sert à rien et plombe le tout, surtout lorsque arrive au milieu du film cette ellipse risible qui nous montre un héros déchu et fatigué mais toujours capable de discours prétentieux au milieu d'une bataille, de faire l'amour à tout le monde tout en ayant des remords bizarres (il couche avec une jeune femme, pourquoi s'excuser alors que c'était la tradition ?) et ayant placé en l'Église une fois bien trop grande.

Mais le pire reste ces instants de combats franchement quasiment tous ratés tant ils font preuve d'un humour douteux (super les chansons paillardes pour prouver que le public doit être adulte pour comprendre) ou d'un manque total de mise en scène, Zemeckis se contentant de ralenti et de suggestions au lieu de tout montrer comme l'aurait fait un film barbare. Le sang ne coule jamais à flot, la violence est toujours éphémère et presque justifiable (oui il tue des monstres alors il a le droit à tout les moyens pour cela), et surtout les scènes manquent de richesses et d'idées de génie pour les monter à un autre niveau. Les apparitions de Grendel, monstre qui parle bizarrement et qui cri toutes les secondes, sont dénaturées par des ralentis sur des soldats qui sont balancés aux quatre coins de la pièce, même lorsqu'un Beowulf totalement nu se prend pour Austin Powers (les objets qui cachent le sexe, c'est absolument ridicule dans un film de genre) et saute un peu partout juste pour lui couper le bras. Passés les scènes faussement sexuelles entre Beowulf et l'agaçante mère de Grendel avec son accent sorti des entrailles de la Terre, on doit se rassasier avec un combat de dragons épouvantables à cause d'un manque d'impact émotionnel évident (on s'en fout royalement de Beowulf accroché à l'aile de son fils) et à l'idée la plus débile du film: le tranchage de bras de Beowulf pour atteindre le coeur du dragon et pour gagner ainsi 5 centimètres en longueur. Non mais franchement, visuellement c'est à chier, mais en plus c'est un moyen de s'attirer les moqueries des spectateurs les plus regardants qui ne verront qu'un type se coupant n'importe quoi pour tuer son monstre alors qu'un petit effort pourrait l'emporter, le montrant ensuite avec des positions risibles faisant penser à une mauvaise parodie façon SCARY MOVIE. C'est méchant mais c'est pourtant vrai, d'autant plus que la scène se finit par la pauvre mort d'un héros qui est passé par l'humiliation la plus totale quelques secondes avant. Reste cependant la plus grande séquence du film, celle qui a réellement su me transporter et qui aurait dû être le modèle épique de tout le métrage: la séquence des monstres sous-marins bien évidemment. Récit certes inventé par Beowulf pour faire bonne impression et dont on doute la véracité selon son propre homme de main, il est cependant totalement jouissif de voir à quel point Zemeckis peut se laisser importer par un morceau de bravoure intense, visuellement sublime, peuplé de sauts en hauteur et d'étripages de monstres à l'ancienne, dévoilant la technique de combat impressionnante d'un héros qui n'en est pas vraiment un. Cela reste franchement mon plus beau souvenir du film, d'autant plus qu'il s'agit de l'un des meilleurs morceaux d'Alan Silvestri sur le métrage (faut dire aussi que la chanson du générique de fin enterre le tout par sa médiocrité et sa niaiserie).

Morceau de choix du film, le casting fait figure de bonus plus qu'autre chose même si chacun sans sort avec beaucoup d'honneur, à commencer par Ray Winstone méconnaissable puisque grâce à la magie des ordinateurs, l'acteur grassouillet de THE DEPARTED et LE ROI ARTHUR se trouve être un guerrier svelte, musclé et impeccable, séducteur devant les monstres les plus vaillants comme cette pauvre Angelina Jolie reléguée au rang de "salope d'or", un rôle qui lui va plutôt comme un gant mais qui laisse lieu à des scènes pas forcément utile au niveau de la narration. Et son sourire finale est réellement médiocre. Les seconds rôles sont d'autant plus croustillants puisque John Malkovich est un guerrier relégué en chrétien de service dans la deuxième partie du film (après l'éternel scène de pardon avec le héros), Anthony Hopkins est un gros beauf pervers qui fait un peu penser à la folie de son personnage dans PROOF, Crispin Glover (RETOUR VERS LE FUTUR !) n'a pas un grand rôle mais est assez terrifiant dans son Grendel, Brendan Gleeson est l'éternel compagnon qu'il fait si bien (BRAVEHEART, KINGDOM OF HEAVEN, GANGS OF NEW YORK), tandis que les pauvres Robin Wright Penn (BREAKING AND ENTERING, aussi avec Winstone) et Alison Lohman (toujours aussi sublime) sont relégués au rang d'arguments féminins de plus, avec son lot de connotations qui en découlent.

BEOWULF n'est donc en rien un chef d'oeuvre ou un film jouissif, ni une révolution à cause de son scénario handicapant qui le propulse au rang de film raté à cause de son fond inutile, parfois totalement vain et qui sait être très bavard, tout en accumulant les fautes de goût et les partis-pris contradictoires. Est-ce qu'un film familial avec Jim Carrey, Bob Hoskins, Tom Hanks, Michael J. Fox et Christopher Lloyd pourrait enfin prouver que la technique de Zemeckis peut s'appliquer à des degrés différents ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://main-animation.forum-actif.net
 
Beowulf/La légende de Beowulf
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Main - Animation :: The Art of Animation :: Warner Bros Animation-
Sauter vers: